De Paris à la Réunion : la reconversion fleurie de Laurie

Aujourd’hui, je suis heureuse de vous présenter Laurie. Dans nos « anciennes vies », nous travaillions côte à côte dans les bureaux d’une grande rédaction parisienne.  A 31 ans, Laurie a fait le choix de suivre le chemin de son cœur pour embrasser sa passion et se réinventer professionnellement. Originaire de Corse et après des années dans la capitale, direction… la Réunion ! Son parcours est une véritable ode au courage et à la détermination. Aujourd’hui, elle est fière de diriger sa propre boutique, « Solstice Fleuriste » dans le Sud de l’ïle.

Solaire, douce et engagée, Laurie nous ouvre les portes de son univers, partageant ses passions, ses inspirations et sa vision de la vie. J’espère que vous serez comme moi transportés dans son monde où la beauté se mêle à la créativité et à la détermination.

Salut Laurie. Peux-tu te présenter s’il te plait ?

Je m’appelle Laurie, j’ai 35 ans et je vis sur l’Ile de la Réunion. J’ai passée toute mon enfance en Corse donc j’ai une grande passion pour l’insularité. Vivre sur une île me rassure totalement ! A 18 ans j’ai choisi de faire des études dans l’audiovisuel. Comme beaucoup de provinciaux, je suis partie vivre à Paris. J’y ai vécu mes plus belles années, y ai rencontré mon compagnon et eu mes premiers jobs à la télévision où je travaillais en « fonction support » : production et planification d’équipes…

Mais comme nous avons plusieurs vies dans une vie, 12 ans plus tard, j’ai décidé en déménageant à la Réunion de changer radicalement de métier et de me former à devenir fleuriste. Les fleurs sont une passion dévorante depuis toujours. Dans ma famille, les femmes sont passionnées par les vertus des plantes et ont toujours su entretenir et embellir un jardin. Je pense que malgré ma longue vie de citadine, cette transmission ne s’est jamais fanée. Je suis actuellement à mon compte et possède ma propre boutique à la Réunion : « Solstice Fleuriste » à Petite Ile, village rural dans le sud de l’ile, depuis 4 ans.

Et quel est ton pouvoir à toi, ton « truc en plus » ?

Je suis dotée d’une excellente mémoire. Même si je ne laisse rien paraitre, difficile de manipuler le passé avec moi !

Au quotidien le métier de fleuriste, ça ressemble à quoi ?

Il n’y a pas de routine dans mon métier, et ce goût de l’inconnu me motive beaucoup. Que vais-je fleurir aujourd’hui ? Des amoureux, des anniversaires, un deuil ? Préparer des devis pour des mariages ? Comment seront les fleurs de mon arrivage du jour ? Je vais prendre le temps de les admirer ? Je ne m’en lasse pas !

Peut-on dire que tu vis de ta passion aujourd’hui ?

Oui, mon travail c’est ma passion, je n’ai pas l’impression de travailler et malgré tout, je mène une vie confortable grâce à lui. J’ai pu embaucher mon compagnon en cdi dans mon entreprise. J’ai une gratitude extrême chaque jour envers ce que les fleurs peuvent m’apporter. J’ai toujours voulu être fleuriste, mais à l’époque, lorsque l’on avait des bonnes notes à l’école les professeurs nous encourageaient à suivre une voie beaucoup plus classique. Travailler dans un bureau, faire un travail « intellectuel » était beaucoup plus valorisé… L’artisanat, le travail manuel, étaient laissés « aux moins bons »

Ça n’a pas été trop dur de changer de voie, au début de ta trentaine ?

En France, on a la chance de pouvoir bénéficier d’aide à la formation pour se reconvertir à tout âge. J’ai passé mon CAP fleuriste à 31 ans. Reprendre les études n’a pas été facile mais je n’avais plus aucun doute, malgré le covid, malgré ce recommencement total, c’était ce qu’il fallait que je fasse. J’ai ensuite rencontré une fleuriste qui m’a formée et qui m’a ensuite cédé son commerce. La voie royale des planètes alignées ! 

Et comme il n’y a pas que le boulot dans la vie, je suis sûre que tu as plein de hobbies sur ta si belle île !

Oui, depuis petite et grâce à ma maman, j’adore le cinéma. Elle m’a initiée très tôt aux grands classiques. Je suis assez monomaniaque et lorsque je regarde un film, j’adore visionner ou revoir toute la filmographie, chronologiquement, du.de la cinéaste. J’ai l’impression, en toute humilité de comprendre un peu plus son œuvre et les messages qu’il ou elle veut transmettre. Dernièrement j’ai regardé tout François Truffaut et tout David Lynch. Le bonheur pour moi.

J’ai d’autres passions simples : Lire (surtout des essais féministes en ce moment), écouter de la musique symphonique, et également ne rien faire, méditer et bien sûr manger ! Je suis une grosse fainéante des fourneaux, mais suis une gouteuse professionnelle. J’ai la chance d’avoir un compagnon cuisinier, qui réalise avec brio tous mes plats préférés.

Ces passions sont un moyen d’évasion pour toi ?

Oui, elles me soignent, éloignent le spleen et les coups de mou. Etant loin de ma famille et proches, j’ai parfois le mal du pays, même si je ne regrette en rien mon changement de vie. Regarder ou revoir un film ou lire quelques pages me réconfortent immédiatement.

Quelles sont tes héroïnes à toi, celles qui t’inspirent au quotidien ?

J’adore écouter des podcasts féministes pour la plupart et notamment « la Poudre » animé par Lauren Bastide. J’aime beaucoup son travail, ses écrits, elle est importante. J’ai beaucoup d’admiration également pour une designer florale (mon idole de fleuriste) : Ritas Blomsterbinderi, une norvégienne. Son travail est juste à couper le souffle. Elle m’inspire beaucoup, j’essaye parfois de la copier mais sans grand succès… Mes amies m’inspirent également beaucoup, de part leurs évolutions et parcours, elles font des choix judicieux dans leur carrière, vie personnelle et je suis fière de les côtoyer. J’échange quotidiennement avec elles, même si on se voit rarement.

Côté look maintenant si tu ne devais garder qu’un seul ?

Ce serait une longue robe colorée, légère et fleurie en soie.

Quelles sont tes couleurs préférés justement ?

J’adore l’orange et le fuchsia, surtout associés, ça me donne la pêche !

Quel est ton rapport à la mode et à la « consommation » de vêtements ?

Je consomme peu. Je préfère acheter de jolies pièces de bonne facture et en matière nobles, au mieux « made in France » ou au moins « made in Europe », qui dureront dans le temps*.   J’investis de temps en temps pour me faire plaisir dans quelques pièces de luxe qui perdureront. Je suis une adoratrice de Jacquemus et de Gucci.

*Nous en parlions justement dans cet article.

Et qu’elle est ta   petite touche personnelle, la « Laurie’s touch » ?

Je porte toujours des bijoux que je change au quotidien. Et surtout que des vêtements colorés, jamais de noir et j’aime les motifs. Je ne porte que rarement des vêtements unis. Mais j’ai besoin de changer tous les jours, je n’ai pas de pièce gri-gri qui me suit tout le temps. Le style est une des rares choses sur lesquelles nous avons le contrôle donc c’est important d’y mettre du cœur !

Questionnaire de Proust. Si tu étais…

-Un animal – un cerf, en symbiose avec la forêt

-Une saison – l’été

-Une princesse Disney – Pocahontas

-Une chanson – Lithium de Nirvana

-Un film – « L’été de Kikujiro » de Takeshi Kitano

-Un dessert – une coupe de glaces avec de la chantilly

-Une ville – Rio de Janeiro

-Une émotion – l’émerveillement

 

Retrouvez Laurie dans sa jolie boutique : 

Solstice fleuriste – 32 Rue Joseph Suacot – 97429 Petite Île à la Réunion

Retrouvez la également sur Instagram 

 

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